Des spectacles contemporains bien vivants
  • Une maison de poupée entre deux teintes au théâtre de la Colline/ Article paru sur www.laboiteasorties.Com

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    November 17th, 2009Ameliej'ai vu

    Après Peer Gynt, Les Revenants et Brand, Stéphane Braunschweig poursuit sa confrontation avec l’œuvre d’Ibsen, en montant en miroir Rosmersholm avec Une maison de poupée.

    Nora est une femme pantin entre les mains de Torvald, son mari, un tyran domestique. Démarche saccadée et voix enfantine, elle est la danseuse de la boite à musique, dont le mari s’amuse à remonter le mécanisme. Elle possède cependant un grand secret, une dette autrefois contractée, avec laquelle elle estime tenir son époux.

    Il  y a d’abord la belle mise en scène de Stéphane Braunschweig qui vide la maison en même temps que Nora se libère de ses carcans. Il y a cette oppositionMaison de Poupée entre un mur gris immense et un loft blanc chirurgical. Il y a la danse de  Nora, qui s’ouvre à la folie comme son décor.

    Ensuite il y a des acteurs  époustouflants, on retrouve avec plaisir Philippe Girard qui quitte son rôle du Rodrigue du Soulier de Satin pour devenir ici un  médecin voyeur, Chloé Rejon en Nora attachante, Eric Caruso en mari satyre et sadique,  Annie Mercier en domestique pilier de  maison,  Thierry Paret en homme qui se venge et Bénédicte Cerutti en amie d’enfance trouble.

     Le tout est une très belle mise en scène qui pêche par sa trop grande bienveillance envers le texte.  L’ensemble  n’atteint pas la force de la mise en scène de Thomas Osteirmeir  qui, en 2004,  avait fait de maison de poupée une tragédie sanglante. Et pourtant, le choc de maison de poupée devrait résider dans l’actualité. Le droit des femmes dans les sociétés occidentales est encore plein de lacunes sur le salaire et l’accès au pouvoir.  Le texte devrait également résonner aujourd’hui, dans  notre monde  qui est un monde d’achats, où le manque d’argent  produit une immense angoisse.

     Maison de PoupéeStéphane Braunschweig tente de partir  de ces textes anciens pour porter un regard sur le monde d’aujourd’hui en faisant enfiler un jean basique et des baskets d’adolescente à Nora pour la situer au XXIe siècle. Cela n’a d’effet que de provoquer une inadéquation totale entre son combat et son costume.  Ici, la tragédie ne surgit que trop rarement dans l’appartement blanc provoquant des moments d’ennui et d’agacement. Reste une mise en scène superbe et des moments de grâces qui valent largement de saluer le metteur en scène et ses comédiens.

     

     

     Une maison de poupée, mardi 19h30, jeudi 20h30, samedi 17h, dimanche 15h30. Le samedi et le dimanche en intégrale. Au Théâtre de la Colline, 15 rue Malte Brun, 75020 Paris. Tél : 01 44 62 52 52

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2 Responses to “Une maison de poupée entre deux teintes au théâtre de la Colline/ Article paru sur www.laboiteasorties.Com”

  1. D’après ce que je lis, la mise en scène se réduit pour toi à la scénographie ?.. Crois-tu que le terme n’englobe pas également les costumes et la direction d’acteur ?

  2. Merci la scénographie désigne uniquement la mise en espace scènique associé aux moyens techniques et artistiques. Et on attend de la colline une utilisation pertinente de l’espace…
    La mise en scène en revanche comprend en revanche l’ensemble.
    J’évoque le beau jeu des acteurs et le costume déplorable de Nora qui plombe la pièce
    à bientôt
    Amélie

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