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October 4th, 2009j'ai vu, point de vue, Politiques culturelles à ParisJoie, bonheur, la grande nuit est arrivée, pas question de s’y plonger dans la foule, c’est à minuit que nous entrons dans les Buttes Chaumont.
00h15 : des parapluies rouges, des LED sur l’eau, des échafaudages
Au programme des déambulations de performers, des installations…la fête !
au réel, un squat bière et roulade sur la pelouse , nous fûmes fort déçus bien que les installations soient fort jolies. Il y a encore trop de monde.1H- Le 104
Lieu trendy de la création contemporaine, le 104 fêtait cette nuit à l’occasion de la Nuit Blanche ses ans. Bon anniversaire !
Nous sommes arrivés dans un espace en errance, un bal avait eu lieu, cadavres de bouteilles de bières à l’appui (la nuit Blanche serait-elle sponsorisée par Heineken ?) Le lieu n’est pas mis en lumière, ni en son, c’est à 104 comme d’hab qui s’offre à nous. Plusieurs installations sont proposées pour l’occasion…
La première est un film de Jespert Just , un personnage fantôme ère dans une île déserte/bateau. Images superbes, histoire déconcertante, sans plus.
La seconde est une installation de Fionna Banner qui propose durant 1H un défilé de photos d’avions de guerre sur les musiques de film.La guerre c’est mal…ok..Merci le 104 !
Il y en avait d’autres, mais nous n’avons pas pu entrer ou alors j’ai oublié…
Nous avons laissé une jeune femme vomir sa bière dans la cour pavée du 104 , était-ce enfin une performance vivante ?2h30- La Mosquée de Paris
Désespérés, nous revenons aux valeurs sures : détourner un lieu religieu pour y mettre
de l’art contemporain.
L’installation « litanie » de Sarkis.à la Mosquée de Paris ne nous fait pas mentir, d’abord, nous entrons dans ce lieu dont nous ne connaissions que le café. Nous sommes saisis par la beauté, cour carrée, mosaïquée, sculptée, sur l’un des murs est projeté un cheval étrange, dans une seconde salle qui mène à la salle de prière, fermée mais dont nous pouvons apercevoir l’immense beauté, une double installation proposé un récit de textes de morts associés à une projection olfactive, de la rose. La rose et la mort à la frontière du religieux. Magique. Le texte nous dérange, nous surprend, enfin !3H- Notre Dame de Paris
Forts de notre premier détournement de lieu de culte, nous nous rendons à la grande cathédrale, ou se trouvent des sculptures lumineuses de l’artiste Sylvie Fleury
Loin d’êtres pertinentes, bien que jolies, les installations ne sont la que par prosélytisme, toujours pas d’humains dans cette nuit blanche, à part la foule.3h30- Marais
Par habitude nous finissions nos nuits blanche par le marais. Chaque année des artistes nous surprend, Sir Alice et ses poupées de cire en 2005, Eloise Fornieles dansant toute la nuit dans le sang l’année dernière
Tags: Nuit Blanche 2009, Paris
Cette année, rien de cela, pas de Tuileries en feu, pas de comédiens sur échasses qui vous susurrent des mots dans le noir à la madeleine…juste quelques vidéos pourries dans des lieux déserts pour Tel Aviv, ville invitée, un joli arbre dans une jolie cours, une jolie vidéo quasi immobile dans un joli jardin…
La nuit Blanche 2009 n’a pas révolutionné le spectacle vivant, dommage.. -
September 6th, 2009Avignon, point de vueAffiches décrochées, théâtres fermés, la programmation 2010 se prépare sur les héritages de l’édition qui a été clôt dans la joie et l’allégresse le 31 juillet dernier. Le festival OFF est heureux, mais les compagnies le sont elles aussi ?
Affichage, tractage, racolage : mode d’emploi destiné à tous ceux qui veulent “Faire Avignon”
Trouver un théâtre
Pour donner du rêve à un public nombreux, il faut un théâtre. Comme par enchantement, cours d’immeubles, DOJO et autres parkings se transforment en théâtres de fortune, louant pour trois semaines des créneaux horaires à des prix exorbitants : jusqu’à 15 000 euros pour avoir le luxe de se produire une heure, chaque jour, dans la grande et belle chapelle du collège de la Salle.
Dormir
Une compagnie qui joue est une compagnie qui dort. Avant même de poser un pied à Avignon, les compagnies sont toutes à la recherche d’un toit. La magie du festival opère à plein : les loyers de la petite ville bourgeoise de province prennent l’allure de ceux du VIIe arrondissement de Paris.
Un beau spectacle, de beaux décors…
Jouer, mais jouer joli, avec un beau décor..qui, encore un tour de magie dans la cité du spectacle, se déplace , sur les autoroutes de France, sans facture ni garantie. Les 980 décors des 980 spectacles ont comme chaque année voyagé en voitures surchargées, en squattant les portes bagages du TGV, où grâce à des routiers sympas qui se font des extras en vendant 80 euros sous le manteau le mètre cube de camion, sans assurance casse et annulation à l’arrivée.
« Faire Avignon »: oui, se ruiner non. Alors, pour se payer les billets retours, les compagnies doivent résoudrent l’équation de la rentabilité et venir à Avignon avec des valeurs sûres : une pièce de boulevard jouée des milliers de fois à Paris comme Du Rififi à la Morgue. Rivaliser d’ingéniosité, de titres alléchants – Ma voisine ne suce pas que de la glace – d’affiches évocatrices – Faites l’amour avec un belge et son affiche rébus où le sexe de madame est associé au cornet de frites. D’autres, dans un style différent, viennent à Avignon avec un texte d’auteur célèbre ou une tête d’affiche. La brèche est étroite pour ceux qui osent encore défendre une jeune créationJouer c’est bien, communiquer c’est mieux
Une empreinte écologique délaissée
Notre compagnie une fois bien installée, doit se faire connaître et communiquer. Le Off a pour cela demandé cette année aux compagnie des 980 spectacles d’éditer 20 000 tracts : au total vingt millions ont recouvert la vieille cité. Cette abondance inconsidérée est aberrante à l’heure où les entreprises et les administrations ont définitivement changé d’attitude face aux documents imprimés. Le papier est-t-il recyclable ? L’encre est-elle nocive ? Peut-on minimiser l’empreinte carbone du transport ? La compagnie qui « fait Avignon » n’a ni le temps ni le luxe de se poser de tels problèmes. Qu’importe si le tract est imprimé en Pologne, livré à Paris puis transporté en voiture jusqu’à Avignon, tant qu’il entre dans un budget minimaliste.
Le festival OFF est le TF1 du Théâtre
Pendant ce temps, le Off se fixe comme seul critère le nombre de spectateurs. Cette année il s’est vendu 35 240 cartes off : un record qui laisse supposer un nombre record de spectateurs. En s’enfermant dans une logique d’audience, « Le plus grand théâtre du monde » du regretté André Benedetto serait-il devenu le TF1 du théâtre ? Il serait temps que le Festival Off devienne mature, et mesure son succès selon des critères plus responsables, qui ne l’entraîne pas loin des motivations de sa genèse.
Les critères du succès du festival off doivent englober les problèmes structurels qui dépassent de loin les frêles épaules d’une compagnie de théâtre. C’est bien au Festival Off qu’il appartient de penser le transport, le logement, d’affronter ces questions, d’anticiper les problèmes : Accords avec des imprimeurs locaux, réservations de résidences étudiantes vides en juillet, conclusion de contrat avec des transporteurs etc.
Il est peut-être temps que l’organisation du Off dépasse son statut de Gentil Organisateur, et prenne conscience de sa responsabilité sociale et environnementale, face aux compagnies, à la ville d’Avignon, et à l’environnement.Cet article a été édité dans le journal de l’actualité spectaculaire avignonnaise “Poursuite”, du mois d’octobre 2009.
Tags: festival d'Avignon, Festival Off, location d'appartement Avignon, Poursuite Avignon, taxe carbonne, TF1, transport -
July 29th, 2009Avignon, j'ai vu, point de vue, Politiques culturelles à ParisAppel à la prière
Hier soir, sortie au théâtre, au superbe cloître des Carmes pour “radio muezzin”
Projecteurs, noir, quatre hommes se placent sur les hauteurs du cloître, surplombé par le clocher de l’église des Carmes et orné de gargouilles sorties de l’enfer. Ils commencent à appeler à la prière, comme ils le font chaque jour, dans leur ville,au Caire. L’instant est magique, le voyage réel.
Un témoignage sur l’enseignement du Coran au Caire ou un pamphlet anti-israélien?
Le spectacle se déroule de la sorte, chaque muezzin raconte son travail, et sa vie, et sa pratique religieuse ( gestes, textes, origines).
Également, tous racontent comment ils sont devenus Muezzin.Le premier dit que c’est en voyant un bébé mourir dans les bras de sa mère à Gaza, s’en suit d’autres informations manichéennes sur l’histoire d’Israël, nous apprenons que la guerre des six jours a eu lieu en”1973″ et qu’elle a été ” gagnée par l’Egypte”.
Le spectacle est alors un bon témoignage sur les médias en Égypte,ce qui n’est pas une découverte en soi… mais est-ce le rôle d’un spectacle?
Un spectacle ou un communiqué de presse?
Pendant une longue heure à laquelle s’ajoutent quinze interminables minutes, ces hommes, qui ne sont pas comédiens, expliquent les rites et interdits de leur religion.
Le but du spectacle est dire la fin d’un monde, le gouvernement ayant décidé d’unifier le chant des Muezzin, la prière sera appelée par un seul Muezzin, dont la voix sera amplifiée dans toute la ville.
Le but est de dénoncer ..mais dénoncer quoi? un emploi bénévole, non qualifié, fatiguant..où est le problème?Est-ce parce que l’emploi est religieux qu’il doit être précaire et immuable?
Je suis sortie estomaquée de ce non-spectacle, pensé comme un “docu-théâtre” , il y avait dans ce spectacle un coté zoo, bon sauvage, temps des colonies..le public riant à des moments étonnants, par exemple, l’un des muezzin explique le rythme des prières calé sur la lune, ce qui nécessite pour chaque ville d’avoir un code qui permet à chaque fidèle de savoir à quelle heure a lieu la prière où qu’il soit. Cette idée d’horaire changeant en fonction de la lune a beaucoup amusé le public.
Choquée par le public, dérangée par le jeu, je me suis sentie prise en otage, comment quitter le public alors que sur scène se trouvent des hommes , non comédiens, qui racontent leur vie?
Approchez mesdames et messieurs, nous allons vous montrer les musulmans..
J’ai espéré qu’aucun musulman n’ait été présent dans la salle au moment où les américaines qui m’accompagnaient ont trouvé le “show” …” so exotic”!
Et de me dire que la question de l’enseignement des religions à l’école laïque et républicaine n’est pas encore résolue…
Comme le dit Marie-José Sirach dans l’Humanité ” Évacuer l’art de la profanation et de la politique, et le théâtre perd tout son sens. Or le théâtre aide à penser. Pas à prier.”
oh my god!
Plus d’informations sur le spectacle.
Mise en scène
Stefan Kaegi
Musique
Mahmoud Refat
Vidéo
Bruno Deville, Shady George Fakhry
Dramaturgie
Laila Soliman
Assistanat à la mise en scène
Dia’Deen Helmy Hamed
Scénographie
Mohamed Shoukry
Lumière
Sven Nichterlein, Saad Samir HassanAvec
Abdelmoty Abdelsamia Ali Hindawy, Hussein Gouda Hussein Bdawy, Mansour Abdelsalam, Mansour Namous, Mohamed Ali Mahmoud Farag, Sayed Abdellatif Mohamed HammadProduction
Hebbel am Ufer (Berlin), Institut Goethe d’Égypte
Coproduction
Festival d’Avignon, Festival d’Athènes et Épidaure, Bonlieu Scène nationale Annecy, Steirischer Herbst Festival (Graz), Zürcher Theater Spektakel (Zürich)
Avec le soutien
de la Fondation fédérale allemande de la Culture, Pro Helvetia Fondation suisse pour la culture, du Département des Affaires culturelles de la Mairie de Berlin-Sénat Chancellerie
En coopération
avec El Sawy Culturewheel (Le Caire)langue versionfrlangue test
Festival d’Avignon
RechercheFestival d’Avignon – du 07 au 29 juillet 2009
Tags: Festival In, L'Humanité, radio muezzin, religion
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July 24th, 2009Avignon, point de vueQuand l’histoire s’invite au festival
Diner en VO avec Jesse Longman, une jeune metteure en scène, new yorkaise, et mes amis les plus proches dans la cour carrée, classée , de la collection Lambert pour l’art contemporain, avec aux platines, l’excellent Matthieu Matsa Llorca.
L’eau, l’air , la vie..la guerre
Le festival a comme invité l’excellent Wadji Mouhamad, qui né au Liban a fui la guerre et réside aujourd’hui au Quebec, s’en suit une programmation trés noire, trés torturée, où les auteurs notamment Warlikowski , veulent remplacer historiens et philosophes.
Le sujet excuse t-il la non-création?
C’est là, dans la jolie cour, que mon ami Jeff posa la seule question valable de ce festival: parler de la mort autorise t-il à remplacer le théâtre par des conférences?
Israël Galvan et Amos Gitai parlent tous deux de la même chose: la mort des hommes , la fin des temps. Tous deux proposent une mise en scène totalement neuve et originale. En parallèle mon adoré Warlikowski choisit de traiter la mémoire juive en Pologne..cela sonne comme mon sujet de thèse..c’est dire! et la, si la sénographie est belle , elle n’est pas neuve, elle semble volée à Ostermeir. Sur scène , j’assiste à une conférence douteuse sur la Shoah.
L’égalité entre les morts.
Warlikowski affirme: Un mort en vaut un autre.
Certes, c’est joli..mais un bébé gazé vaut-il un militaire mort au combat?
oui.
Mais les raisons de leurs deux morts si elles ont en commun l’insupportable portent des idéologies différentes que l’historien sait distinguer pour encore plus les mettre en valeur et réhabiliter la mort de chacun.
L’artiste a une parole politique.
Et il l’a toujours eu.
Dans le spectacle Sarkophonie, Rafaele Arditti, loin de faire une caricature de notre cher président, ose réhabiliter la fonction politique du clown“En tordant le langage, Rafaële fait passer les discours aux aveux et redonne ainsi au clown sa fonction politique de « fou du roi », sans pour autant être la folle d’aucun roi, mais une citoyenne pensante. Elle utilise ce que les hommes politiques ne peuvent utiliser : le pied de nez, la grimace, le grotesque, tout le sac à malice des pièges à vérités officielles. ” ( Dossier de Presse Sarkohonie)
Il est donc possible de mettre en scène l’histoire mais l’artiste ne peut pas devenir historien. Parler d’un sujet dit “grave” ne doit pas faire perdre de vue que la création est toujours un acte difficile qui demande gestation, réflexion et production.
Comme le disait la jolie New-Yorkaise, it’s Hard to make art…that’s art…!
Tags: (A)Polonia, Festival In, scènes subventionées, spectacles, Warlikowski -

