Les Spectacles d’Amélie

Des spectacles contemporains bien vivants
  • scissors

    Joie, bonheur, la grande nuit est arrivée, pas question de s’y plonger dans la foule, c’est à minuit que nous entrons dans les Buttes Chaumont.

    00h15 : des parapluies rouges, des LED sur l’eau, des échafaudages

    vincent_olinet_fy_te_foraine
     

     

     

    Au programme des déambulations de performers, des installations…la fête !
    au réel, un squat bière et roulade sur la pelouse , nous fûmes fort déçus bien que les installations soient fort jolies. Il y a encore trop de monde.

    1H- Le 104

    Lieu trendy de la création contemporaine, le 104 fêtait cette nuit à l’occasion de la Nuit Blanche ses ans. Bon anniversaire !
    Nous sommes arrivés dans un espace en errance, un bal avait eu lieu, cadavres de bouteilles de bières à l’appui (la nuit Blanche serait-elle sponsorisée par Heineken ?) Le lieu n’est pas mis en lumière, ni en son, c’est à 104 comme d’hab qui s’offre à nous. Plusieurs installations sont proposées pour l’occasion…
    La première est un film de Jespert Just , un personnage fantôme ère dans une île déserte/bateau. Images superbes, histoire déconcertante, sans plus.
    La seconde est une installation de Fionna Banner qui propose durant 1H un défilé de photos d’avions de guerre sur les musiques de film.La guerre c’est mal…ok..Merci le 104 !
    Il y en avait d’autres, mais nous n’avons pas pu entrer ou alors j’ai oublié…
    Nous avons laissé une jeune femme vomir sa bière dans la cour pavée du 104 , était-ce enfin une performance vivante ?

    2h30- La Mosquée de Paris

    Désespérés, nous revenons aux valeurs sures : détourner un lieu religieu pour y mettre litaniesde l’art contemporain.
    L’installation « litanie » de Sarkis.à la Mosquée de Paris ne nous fait pas mentir, d’abord, nous entrons dans ce lieu dont nous ne connaissions que le café. Nous sommes saisis par la beauté, cour carrée, mosaïquée, sculptée, sur l’un des murs est projeté un cheval étrange, dans une seconde salle qui mène à la salle de prière, fermée mais dont nous pouvons apercevoir l’immense beauté, une double installation proposé un récit de textes de morts associés à une projection olfactive, de la rose. La rose et la mort à la frontière du religieux. Magique. Le texte nous dérange, nous surprend, enfin !

    3H- Notre Dame de Paris

    Forts de notre premier détournement de lieu de culte, nous nous rendons à la grande cathédrale, ou se trouvent des sculptures lumineuses de l’artiste Sylvie Fleury
    Loin d’êtres pertinentes, bien que jolies, les installations ne sont la que par prosélytisme, toujours pas d’humains dans cette nuit blanche, à part la foule.

    3h30- Marais

    Par habitude nous finissions nos nuits blanche par le marais. Chaque année des artistes nous surprend, Sir Alice et ses poupées de cire en 2005, Eloise Fornieles dansant toute la nuit dans le sang l’année dernière
    Cette année, rien de cela, pas de Tuileries en feu, pas de comédiens sur échasses qui vous susurrent des mots dans le noir à la madeleine…juste quelques vidéos pourries dans des lieux déserts pour Tel Aviv, ville invitée, un joli arbre dans une jolie cours, une jolie vidéo quasi immobile dans un joli jardin…
    La nuit Blanche 2009 n’a pas révolutionné le spectacle vivant, dommage..

    Tags: ,
  • scissors

    Appel à la prière

    Hier soir, sortie au théâtre, au superbe cloître des Carmes pour “radio muezzin”

    Projecteurs, noir, quatre hommes se placent sur les hauteurs du cloître, surplombé par le clocher de l’église des Carmes et orné de gargouilles sorties de l’enfer. Ils commencent à appeler à la prière, comme ils le font chaque jour, dans leur ville,au Caire. L’instant est magique, le voyage réel.

    Un témoignage sur l’enseignement du Coran au Caire ou un pamphlet anti-israélien?

    Le spectacle se déroule de la sorte, chaque muezzin raconte son travail, et sa vie, et sa pratique religieuse ( gestes, textes, origines).

    Également, tous racontent comment ils sont devenus Muezzin.Le premier dit que c’est en voyant un bébé mourir dans les bras de sa mère à Gaza, s’en suit d’autres informations manichéennes sur l’histoire d’Israël, nous apprenons que la guerre des six jours a eu lieu en”1973″ et qu’elle a été ” gagnée par l’Egypte”.

    Le spectacle est alors un bon témoignage sur les médias en Égypte,ce qui n’est pas une découverte en soi… mais est-ce le rôle d’un spectacle?

    Un spectacle ou un communiqué de presse?

    Pendant une longue heure à laquelle s’ajoutent quinze interminables minutes, ces hommes, qui ne sont pas comédiens, expliquent les rites et interdits de leur religion.

    Le but du spectacle est dire la fin d’un monde, le gouvernement ayant décidé d’unifier le chant des Muezzin, la prière sera appelée par un seul Muezzin, dont la voix sera amplifiée dans toute la ville.

    Le but est de dénoncer ..mais dénoncer quoi? un emploi bénévole, non qualifié, fatiguant..où est le problème?Est-ce  parce que l’emploi est religieux qu’il doit être précaire et immuable?

    Je suis sortie estomaquée de ce non-spectacle, pensé comme un “docu-théâtre” , il y avait  dans ce spectacle un coté zoo, bon sauvage, temps des colonies..le public riant à des moments étonnants, par exemple, l’un des muezzin explique le rythme des prières calé sur la lune, ce qui nécessite pour chaque ville d’avoir un code qui permet à chaque fidèle de savoir à quelle heure a lieu la prière où qu’il soit. Cette idée d’horaire changeant en fonction de la lune a beaucoup amusé le public.

    Choquée par le public, dérangée par le jeu, je me suis sentie  prise en otage, comment quitter  le public alors que sur scène se trouvent des hommes , non comédiens, qui racontent leur vie?

    Approchez mesdames et messieurs, nous allons vous montrer les musulmans..

    J’ai espéré qu’aucun musulman n’ait été présent dans la salle au moment où les américaines qui m’accompagnaient ont trouvé le  “show” …” so exotic”!

    Et de me dire que la question de l’enseignement des religions à l’école laïque et républicaine n’est pas encore résolue…

    Comme le dit Marie-José Sirach dans l’Humanité ” Évacuer l’art de la profanation et de la politique, et le théâtre perd tout son sens. Or le théâtre aide à penser. Pas à prier.”

    oh my god!

    Plus d’informations sur le spectacle.

    Mise en scène
    Stefan Kaegi
    Musique
    Mahmoud Refat
    Vidéo
    Bruno Deville, Shady George Fakhry
    Dramaturgie
    Laila Soliman
    Assistanat à la mise en scène
    Dia’Deen Helmy Hamed
    Scénographie
    Mohamed Shoukry
    Lumière
    Sven Nichterlein, Saad Samir Hassan

    Avec
    Abdelmoty Abdelsamia Ali Hindawy, Hussein Gouda Hussein Bdawy, Mansour Abdelsalam, Mansour Namous, Mohamed Ali Mahmoud Farag, Sayed Abdellatif Mohamed Hammad

    Production
    Hebbel am Ufer (Berlin), Institut Goethe d’Égypte
    Coproduction
    Festival d’Avignon, Festival d’Athènes et Épidaure, Bonlieu Scène nationale Annecy, Steirischer Herbst Festival (Graz), Zürcher Theater Spektakel (Zürich)
    Avec le soutien
    de la Fondation fédérale allemande de la Culture, Pro Helvetia Fondation suisse pour la culture, du Département des Affaires culturelles de la Mairie de Berlin-Sénat Chancellerie
    En coopération
    avec El Sawy Culturewheel (Le Caire)

    langue versionfrlangue test
    Festival d’Avignon
    Recherche

    Festival d’Avignon - du 07 au 29 juillet 2009
    Retour
    +
    langue versionfrlangue test

    Tags: , , ,
  • scissors
    June 25th, 2009AmeliePolitiques culturelles à Paris

    La communication d’un spectacle n’est pas une recette fixe.

    Je m’apprêtais à poster un article coup de gueule sur la question des minimus garantis à Paris quand la semaine dernière, l’utra New-Yorkais Matt Zebrowski, batteur du quintet The Flail me dit, une heure avant de jouer à la Cité Internationale, devant un pastis tout à fait marseillais ” ce n’est pas la peine d’aller tracter, c’est une date payée, c’est à eux de remplir”.

    La Cité Internationale fait salle comble pour The Flail

    Le New-Yorkais m’avait donné la leçon, la salle était suffocante tellement elle était pleine.

    Le concert fut évidement grandiose tant ces gars ont le don de creer des standarts à la minute où ils commencent à jouer.

    Les théâtres privés ne peuvent pas survivre sans les compagnies

    Si les scènes subventionnées paient, achetent, force est de constater que la pluspart des compagnies parisiennes joue nt dans les théâtres privés parisiens. J’en ai fais les frais de négociations assez rudes pour tenter de faire baisser les prix. Les théâtres pratiquent le “minimum garanti”. Les compagnies doivent payer l’équivalent d’un nombre de place plein tarif, pour une salle de 100 places, le minimum peut être de 300 euros par soir.

    La solution pour les théâtres passe par la location de leurs salles

    François Tessier donne une explication claire du problème:

    La création culturelle théâtrale peut difficilement vivre sans subvention. Mais il n’y a pas d’aide réelle à la création artistique : la construction de décors, la location de lieux, les répétitions’ tout cela n’est pas rémunéré. Il faut donc intégrer ces charges dans les projets qui sont montés.
    Autre point : nous devons faire face à un nombre important d’entrées et de sorties de trésorerie. Il faut donc veiller de très près à ne pas se trouver face à un manque de disponibilités. L’essentiel de nos charges est représenté par les frais de personnel (les comédiens, les régisseurs) et par ceux liés aux locaux.

    les compagnies doivent payer pour jouer

    Le minimum garanti est calculé sur une recette virtuelle.  La compagnie paie la totalité du minimum garanti. Hors, surtout lors des premières dates, la compagnie doit jouer des invitations et des réductions, il est trés rare, pour le théâtre contemporain, que le minimum garantis soit atteint.

     

    Le système provoque la non-implication des théâtres dans le soutien à leur programmation.

    Les théâtres , payés se retrouvent dans la posture du marin qui reste à quai ( décidement, merci Ken Loach!), tranquilles, sans prise de risques, ils ne prennent en charge ni les affiches , ni les tracts et font une communication minimum. La compagnie se retrouve avec des moyens aussi minimum que le garantis qui n’en porte que le nom à supporter toute la communication. Quand on sait qu’un encart pub dans la terrasse coute 900 euros, les méthodes se limitent à des events facebook, e-mailing et coups de fils..

    La solution est-elle hors de Paris?

    Heureusement, de certains lieux, comme le théâtre de l’orme avec lequel je bosse actuellement, pratiquent le partage de recette 50/50. 

    Egalement, la banlieue offre de joyeux secours, l’Avant Scène à Rueil offre aux artistes la possibilités de résidences, show case…dans un lieu immense.

    Mais…la quadrature du cercle reste entière..les programmateurs travaillent à Paris et ne se déplacent que peu en dehors des murs..sauf lors festival d’Avignon…

    On a pas fini de payer et de perdre de l’argent!

     

     

     

    Tags: , , ,